lundi 23 août 2010

Pourquoi il pleut des buts sur le championnat anglais

Didier Droga, symbole de la frénésie offensive qui règne sur la Premier League.

 

6-0, 6-0, 6-0. Ce n'est pas le résultat de la finale du tournoi de tennis de Cincinnati, mais les score des trois rencontres de Premier League ce week-end. Une deuxième journée - qui ne s'achèvera que lundi soir - qui totalisait déjà 35 buts dimanche, quand les spectateurs français pouvaient s'estimer heureux d'avoir vu 17 buts lors de la 3e journée de Ligue 1.

Déjà, le dernier opus de la Premier League avait porté la marque de cette frénésie : l'exercice 2009-2010 s'était refermé sur une moyenne de 2,78 buts par match. La nouvelle saison est repartie sur des bases encore plus élevées avec une moyenne de 3 buts par match depuis le début du championnat.

Les Blues de Chelsea y sont pour beaucoup. Après sa victoire inaugurale contre le promu West Bromwich (6-0), le club londonien a récidivé, samedi, face à la modeste équipe de Wigan. L'été ne semble pas avoir entamé les ressources d'une équipe qui, avec 70 buts inscrits en une vingtaine de rencontres, constitue la plus réaliste armada européenne depuis janvier 2010.

DES BUTS... MALGRÉ LA CRISE

Autres Londoniens, score similaire. Les Gunners d'Arsenal ont étrillé les lutins de Blackpool (6-0) dans leur antre de l'Emirates Stadium. Signe que le rouleau compresseur diligenté par Arsène Wenger commence à se débrider.

Enfin, les joueurs de Newcastle ont ravi leurs supporters lors de leur premier match à domicile en balayant (6-0) Aston Villa, dimanche. Un retour en fanfare à Saint James Park après une saison passée en deuxième division.

Comment, du promu au cador, les formations de Premier League font-elles pour réaliser de telles performances ? Si les contacts rugueux en vigueur sur les pelouses anglaises ont forgé un arbitrage assez souple, la philosophie de jeu explique avant tout ce récital. "En Angleterre, il existe un environnement sportif axé sur l'engagement athlétique. Les supporters peuvent tout pardonner à leur équipe sauf de ne pas se donner à fond. Les joueurs doivent tirer au but et prendre des risques. Cet état d'esprit est présent tant en quatrième division qu'en Premier League", analyse Rémi Garde, l'un des premiers joueurs français  à avoir rejoint Arsène Wenger à Arsenal (1996-1999).

Au pays des défenses desserrées, les dignitaires du "Big Four" imposent des schémas tactiques très offensifs. En témoignent le collectif ultra-rodé institué par Arsène Wenger à Arsenal ou le système axé autour de Wayne Rooney à Manchester United. Dans des enceintes garnies, la notion de spectacle tend à s'imposer. La prégnance des droits télévisuels (3,5 milliards d'euros répartis de 2010 à 2013) et la présence de mécènes étrangers confortent cette exaltation. "Stades de qualité, horaires des matches et volonté d'aller de l'avant avec le ballon : la culture anglaise impose cette dimension attrayante", ajoute Rémi Garde.

Enfin, les clubs de Premier League ont dépensé sans compter pour offrir le casting le plus alléchant possible à ce championnat. Le recrutement de stars étrangères a entraîné la Premier League vers un cercle inflationniste, et l'endettement des clubs anglais s'élève à 2,5 milliards d'euros. Sous l'effet de la crise, le mercato estival s'est révélé très calme. Si Chelsea s'est délesté de sa masse salariale (départs de Deco, Ballack ou Carvalho), Arsenal a puisé dans son habituelle filière française (Chamakh, Koscielny, Squillaci). Seul Manchester City, alimenté en pétrodollars, a contrasté avec cette atonie commerciale (arrivée de Balotelli, Yaya Touré, etc.). Mais l'identité de jeu ne s'est pas érodée avec la crise économique.

Source: lemonde.fr

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