
La juge Maria Lourdes Afiuni est en prison au Venezuela pour avoir fait son métier. Cette juge a provoqué le courroux d'Hugo Chavez pour qui le concept de « justice indépendante » semble assez baroque : le président vénézuélien a exprimé sa colère dans son programme de télévision, traitant la magistrate de « bandit », suggérant qu'elle a été « achetée », et demandant publiquement qu'elle soit condamnée à 30 ans de prison, la peine maximale du code pénal vénézuélien.
Il a souligné enfin qu'en d'autres temps -nostalgie ? - elle aurait été « fusillée » sur le champ.
Quel crime abominable a-t-elle commis ? Le 10 décembre 2009, elle a placé en liberté surveillée un ancien banquier et opposant notoire de Hugo Chavez, Eligio Cedeño, accusé de fraude fiscale et de contrebande, parce qu'il attendait depuis trois ans en prison son jugement, dont la date n'était toujours pas fixée.
Cedeño fut aussitôt libéré, mais quelques heures plus tard, la juge arrêtée. Pour ne rien arranger, Cedeño a réussi quelques jours plus tard à quitter le pays et a demandé l'asile politique aux Etats-Unis.
Dans une lettre manuscrite écrite en prison, la juge Afiuni, publiquement accusée d'être corrompue, s'en défend et explique qu'elle n'a fait qu'appliquer le code de procédure pénale, dont l'article 264 octroie automatiquement le droit à la liberté sous contrôle judiciaire pour tout accusé emprisonné victime d'un retard injustifié de la procédure qui le concerne. La blogueuse vénézuélienne, Martha Colmenares, opposante de Chavez, a publié cette lettre sur son blog.
Ce courrier a également été reproduit le 23 décembre par le quotidien El Nacional -lequel journal, nous informe El Pais, a eu des ennuis avec les autorités vénézuelienne pas plus tard que le13 août pour avoir publié la photo de cadavres entassés dans une morgue de Caracas afin d'illustrer la vague de criminalité qui balaye le pays.
la source: rue89.com
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire